Transcription
1Monsieur, jay receu votre lettre du XIIIe et ne faictz doubte
2que les ennemys se renforceans de gens comme ilz font
3ne monstrent leur cœur plus gros, aussi bien quen
4aultres lieux. Je suis bien marry du decès du sieur de La
5Marcousse qui est bien grande perte et dommaige ; cest
6ce que nous apporte ceste malheureuse guerre, et nay
7non plus que vous aucune esperance que la conferance
8qui se doibt faire à Beaucaire nous apporte aucun
9amendement. Quant aux lettres surprises par ceulx
10du Pousin, jay sceu de ceulx de ceste ville qui
11escripvirent aucunes dicelles que la teneur estoit
12de mesme advis quen aurez eu, si bien que celuy
13qui le vous a donné le pourroit faire aussi daultres melheurs.
14Je nay aultres nouvelles de nostre court depuis le
15passage de monsieur de Vennes, sinon que quelquun ma
16dict que le sieur de Guitery avoit parlé au roy assez
17longuement au boys de Vincennes et que sur la fin
18de ses propos sa majesté luy avoit monstré bon visage.
19Lon ma dict aussi que lorage doibt tumber en
20aultre lieu que de ce royaulme et que Dieu veueille. Javois
21dernierement prié monsieur de Vennes dentendre quelque chose
22pour mon particulier dont à sa commodité je seray bien aise
23davoir ce que en aura sceu ; et en cest endroict luy baise
24les mains, suppliant le Createur, après mes humbles
25recommandations quil vous doinct,
26monsieur, en parfaicte sancté et longue vye. De Lyon
27ce XVIIe mars 1574
28Votre plus afeccionné à vous fère servise
29Mandelot
